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Troubles attentionnels et exécutifs

Combien de fois recevons-nous le bulletin de nos enfants, avec la mention : « Manque d’attention », «distrait », « devrait plus écouter », « agité et pénible », « bavard », …

Ces commentaires laissent à penser que l’enfant est dans la lune en classe, flottant et qu’il ne tire pas profit de son temps en classe. On s’interroge alors sur la possibilité d’un trouble attentionnel qui empêcherait à l’enfant de mobiliser son plein potentiel. Voire, quand l’enfant est agité, toujours en mouvement, turbulent, une hyperactivité.

Ces questions sont pertinentes, mais : Attention ! L’attention n’est pas une fonction uniforme et univoque.

Aujourd’hui, les études montrent que les fonctions attentionnelles sont multiples. Elles se développent de manière assez autonome, généralement de façon harmonieuse. L’enfant de maternelle n’a pas les mêmes capacités d’attention que les enfants de début ou fin de primaire, ou encore des lycéens. La maturation des fonctions attentionnelles est un processus long qui se prolonge jusqu’au jeune âge adulte.

L’attention est associée à l’une des deux modalités sensorielles principales : écouter ou voir, essentiel en classe.

On peut parler de plusieurs types de fonctions attentionnelles :

  • L’attention focalisée correspond à la capacité d’aller chercher dans un matériel complexe les informations dont on a besoin : chercher des informations dans un texte, des détails dans un graphique ou un tableau ; Ecouter la consigne avec précision, dans l’agitation et le brouhaha de la classe, dans le but de réaliser ce que l’enseignant demande.
  • L’attention soutenue, permet malgré une tâche assez répétitive et ennuyeuse de garder sa vigilance : copier un texte, s’entraîner dans une matière, continuer à s’intéresser au cours, même si on est peu motivé, tout cela ressort de la capacité à mobiliser une certaine attention soutenue.
  • L’attention divisée, consiste à pouvoir utiliser simultanément les informations auditives ou langagières et les informations visuelles : quand on écrit sur son cahier ce que dit l’enseignant, on a besoin de ces ressources en attention divisée afin de pouvoir partager ses ressources sur différents types d’information.

Les exigences attentionnelles en classe sont très importantes. L’enfant reste sur les bancs de l’école de 8h30 à 17h00 parfois plus tard encore. Pendant ce temps, il doit soutenir son attention en général, de façon à garder toute sa vigilance. De plus il doit être capable de focaliser son attention au moment adéquat. Cela est très coûteux pour l’enfant. A quel moment de la vie, cette exigence sera-t-elle aussi importante, alors que l’individu est en pleine maturation ? La vie professionnelle avec ses habitudes et ses routines l’est souvent beaucoup moins. Même si, naturellement, certains adultes, après avoir eu des troubles de l’attention pendant l’enfance, peuvent les conserver à l’âge adulte, ce qui les pénalisent.

Avoir un trouble attentionnel n’est pas simplement une certaine difficulté à s’intéresser au cours. Il s’agit d’une certaine immaturité au cours de son développement, en décalage avec les exigences scolaires. On ne demande pas la même chose en termes attentionnels à un enfant de début de primaire et de début de collège. Si la maturité attentionnelle est en décalage avec les exigences scolaires, l’enfant peut alors être en difficulté.

Encore faut-il le mettre en évidence avec des outils objectifs quant à ce que l’on peut attendre en général d’un enfant à âge donné. Il est possible que certaines difficultés scolaires soient dues à un trouble de l’attention. Mais toutes les difficultés scolaires viennent nécessairement du fait que l’enfant est, du point de vue de l’enseignant « inattentif ».

Et qu’en est-il de l’hyperactivité ? Tout d’abord, tout trouble attentionnel n’est pas toujours accompagné d’hyperactivité. On peut très bien être flottant, avoir du mal à s’y mettre, avec un rendement scolaire faible car le travail est peu investi du point de vue attentionnel. Mais l’agitation irrépressible de l’enfant hyperactif n’est pas toujours présente. Le trouble attentionnel peut donc être discret, peu visible, et sans véritable « symptôme » observable.

L’hyperactivité est quant à elle très visible et perturbante pour l’environnement. Toujours en mouvement, agité, impulsif, l’enfant hyperactif ne passe pas inaperçu ! Il est fatigant, usant, voire épuisant pour l’entourage. L’activité physique prévue pour le « dépenser » est parfois contre-productive, car au sortir, l’enfant peut être encore plus énervé.

L’hyperactivité ne peut être évoquée que par un spécialiste à la vue de plusieurs types d’éléments :

  • Des tests objectifs
  • Les observations du spécialiste, ayant une bonne expérience clinique
  • Les observations de l’entourage habituel de l’enfant : les parents, les enseignants, …

C’est à la lumière de tous ces éléments que l’on pourra éventuellement parler d’hyperactivité. Car la tolérance de l’entourage est elle-même très variable, et c’est à la croisée de ces différentes données qu’un diagnostic fin pourra être posé.

Du reste, l’agitation motrice, comme on l’appelle encore est-elle toujours accompagnée d’un trouble de l’attention ? La plupart du temps, c’est le cas. Et c’est bien d’ailleurs ce qui gêne l’enfant dans ces apprentissages. S’il est difficile à tolérer par l’entourage qu’il épuise, l’enfant hyperactif peut très bien acquérir les savoirs et savoirs faire demandés. Il se rend surtout insupportable en classe, ce qui met son adaptation à la scolarité en péril.

Les fonctions exécutives, encore méconnues du grand public, ont un rôle transversal important dans les apprentissages. Agissant tel un chef d’orchestre, elles constituent un ensemble de processus de haut niveau nous permettant l’adaptation à toutes les situations nouvelles, c’est à dire non routinières et non automatiques.

L’adaptation à la nouveauté implique différentes étapes pour atteindre un but défini, à travers différents processus. Nous pouvons notamment citer :
– Le processus d’inhibition sélective : c’est à dire la capacité de l’enfant à répondre aux exigences en résistant aux automatismes et aux interférences.
– La flexibilité mentale : qui concerne les capacités à passer rapidement d’une tâche à une autre, d’une façon de faire à une autre.
– L’anticipation.
– La planification.

Les troubles dyséxécutifs s’expriment différemment d’un enfant à un autre, mais peuvent altérer notamment ses capacités d’organisation (du discours, du cartable, des cahiers, etc.), d’adaptation ainsi que ses relations sociales (difficultés d’ajustement, non respect des tours de parole, réactions disproportionnées, etc.).