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Dyspraxie

Les troubles dyspraxiques se rapportent à un ensemble de pathologies impliquant l’inscription intentionnelle des gestes dans l’espace. A la différence du simple mouvement qui se réfère à la mise en oeuvre des effecteurs musculaires, les praxies sont l’inscription intentionnelle des gestes dans l’espace.

La marche en tant que telle est une série coordonnée de mouvements, tandis que se servir de couverts, s’habiller, manier une règle et un compas, écrire avec un stylo sont des projets complexes, portés par une intention et dirigés vers un but.

L’enfant dyspraxique est souvent décrit comme un enfant maladroit, ayant peu fait de jeux de construction, dont le dessin est parfois pauvre dans sa forme comme dans son contenu. Cependant les signes d’appel les plus courants apparaissent au cours des premiers apprentissages formels, et en particulier l’écriture. Par la suite, on met en évidence chez l’enfant une difficulté à s’organiser sur une page de cahier, il peut avoir du mal à aligner les chiffres quand il pose les opérations arithmétiques, les gestes constructifs sont difficiles à réaliser en géométrie.

Le diagnostic de dyspraxie est un travail d’élucidation fin basé sur l’analyse raisonnée de l’ensemble des étapes de la réalisation d’un geste. En effet le trouble dyspraxique se distingue du trouble de « bas niveau » visuel ou moteur. De même, il n’est pas uniquement un trouble des coordinations motrices. Il affecte le projet et surtout sa mise en oeuvre motrice.

Aussi, le diagnostic différentiel sera établi par l’analyse de la réponse motrice fine, en particulier, l’habileté, les mouvements rapides des doigts, la réplication de patrons manuels ou digitaux complexes etc… De plus, la dyspraxie ayant très souvent partie liée avec des troubles visuels, on analyse les capacités d’exploration visuelle (le regard est un geste à part entière), la qualité de la prise d’information visuelle, la distinction figure fond, les gnosies. On doit de même explorer les coordinations visuo-motrices.

Les praxies en elles-mêmes recouvrent des réalités multiples. On parlera de praxies idéatoires quand il s’agira d’intentions motrices impliquant des conventions gestuelles, de praxies idéomotrices quand il s’agit de la representation interne d’actions dirigées vers un but. Les praxies d’utilisation impliquent spécifiquement le maniement effectif d’outil. Les dyspraxies bucco-phonatoires, affectent spécifiquement la sphère oro-motrice et en conséquence l’articulation et l’expression du langage.

Les dyspraxies les plus courantes néanmoins chez l’enfant et ayant les conséquences scolaires les plus sensibles sont en lien avec les tâches visuo-constructives. On peut les résumer par la formule « qu’est-ce que je fais avec ce que je vois ». Ecrire, copier une figure, réaliser un montage, taper à la machine etc… sont à proprement parler des praxies constructives. Elles sont omniprésentes au cours des apprentissages. Quand les troubles du regard associés sont significatifs, les troubles de la lecture sont courants.

Fonctionnellement, l’enfant dyspraxique a du mal à organiser son action dans l’espace. Il a du mal à tenir ses cahiers. L’écriture est le plus souvent lente, fatigable, de qualité médiocre. Notons cependant qu’il existe des dygraphies isolées, non sous-tendues par une dyspraxie.

Les travaux de recherche récents et surtout l’analyse des pathologies acquises chez l’adulte telles que les apraxies successives à un trouble ou un traumatisme affectant le système nerveux central, mettent en évidence une origine neurologique des dyspraxies, affectant le lobe pariétal du cerveau. Véritable carrefour associatif de diverses fonctions de traitement de l’information, le lobe pariétal sous-tend la représentation et la programmation du geste. Les dyspraxies sont parfois associées à d’autres types de troubles, en particulier des troubles de l’orientation dans l’espace, l’imagerie mentale, mais aussi des dyscalculies. En effet, cérébralement inscrites au sein du lobe pariétal, les compétences numériques peuvent se trouver affectées directement ou indirectement par les troubles praxiques proprement dits. En effet, la construction du nombre basé sur le dénombrement concret de petites collections, les gnosies digitales (compter sur ses doigts), cette construction peut se trouver fragilisée par les pathologies du geste.

La prise en charge des enfants dyspraxiques, enfants d’intelligence tout-venant, souvent bien investis dans le langage nécessite la mise en place d’outils spécifiques. Elle est en particulier centrée autour de l’ordinateur permettant de soulager la charge d’écriture et d’organisation des supports d’apprentissage. Les logiciels d’aide spécifiques permettent à l’enfant ayant souvent de bonnes connaissances abstraites des concepts de géométrie de réaliser les tracés et les constructions de manière efficace. Quand les troubles visuels sont prégnants, la réorganisation des supports de lecture, les guides lignes sont appropriés. Afin de s’assurer la meilleure mise en oeuvre de l’outil informatique dans des délais raisonnables, le travail avec un ergothérapeute est indispensable.